“Les mesures préventives pour lutter contre la Malnutrition au sein de la communauté”

Lemberac et sa famille, habitants de la zone de santé de Rethy Territoire de DJUGU, dans la province de l’Ituri, ont fui leur village pour échapper aux violences qui opposent deux tribus rivales en février.

« Ma famille et moi sommes toujours en déplacement. Durant nos cinq mois de mouvement, nous nous sommes réfugiés dans une école du village de AKONJIKANI à Mahagi. Nous avons vécu des moments difficiles. Nous avons souffert de faim et sommes tombés malades. Les enfants également ont connu des diarrhées de façon répétitive.
Actuellement, dans l’école où nous vivons, nous sommes au nombre de 60 familles déplacés et retournés. La nourriture demeure un grand problème au quotidien. La réserve de denrées produites localement est devenue insuffisante pour satisfaire toute la demande. Par ailleurs, le pillage de vivres et autres biens de ménage, par des hommes armés, contribue à la pénurie de vivres actuellement observée dans le village UKETHA de la zone de santé de Rethy.
Pour survivre, nous allons travailler dans les champs à Mahagi. Nous sommes souvent payés en nature avec des boutures de manioc, quelques fois en espèces, entre 800 et 1000 francs congolais (environ 0,5 dollars) par jour. Nous transportons également des récoltes vers le marché. La distance entre les deux zones rend les risques de viols ou d’agressions physiques très élevés. »

Le déplacement de Lemberac et sa famille, allié à la précarité de leur situation, les expose à des risques très élevés de malnutrition. C’est ce qui est arrivé à sa fille Ghislaine. Agée de 2 ans et 5 mois, son état s’est rapidement détérioré, au point d’inquiéter Lemberac : « Ghislaine a manifesté de fortes fièvres, ses pieds et ses joues gonflaient. J’ai essayé tous les traitements possibles pour faire baisser la fièvre mais rien ne semblait marcher. L’état de santé de ma fille ne faisait que détériorer. »

« Il m’était impossible d’aller faire consulter ma fille dans un hôpital, par manque d’argent et à cause de la longue distance qui nous sépare d’un centre de santé. J’étais très préoccupé de son état de santé. »
C’est lors d’un dépistage au sein de la communauté que le relais communautaire d’ADRA a constaté les symptômes de la malnutrition chez Ghislaine. « J’ai été conduite avec ma petite fille au centre de santé d’Uketa, à 10 km de notre foyer actuel. Lorsque nous sommes arrivées au centre de santé, l’infirmier a décidé de nous transférer en urgence à l’hôpital de Rethy à 15 km de là, parce que le cas de ma fille était trop grave pour un simple traitement. N’ayant pas les moyens pour m’y rendre, ADRA nous a transportées jusqu’à l’hôpital.

Depuis ce jour, ma fille suit un traitement adéquat, grâce à une prise charge gratuite. Pour éviter que mes enfants et d’autres de la communauté souffrent de malnutrition, j’assiste à des échanges sur la promotion de la bonne nutrition des enfants et à des démonstrations culinaires pour améliorer l’alimentation de ma fille lorsqu’elle sortira d’hôpital. »